Commentaire sur le Psaume 94 (93)
Ce commentaire sur le Psaume 94 (93) sonne douloureusement à nos oreilles mais il est juste. Nous nous
reconnaissons dans ce commentaire: revenons à Dieu.
« Quel est ce défaut ? Quelle habitude amorale ? Rien : une vétille. Est-ce un péché grave ! Bien sûr que non !
Un péché véniel ? Pas même !
Une simple imperfection due à la rapidité de la vie actuelle et à ce que tout un ensemble de circonstances
impose.
Vous dites : "Nous n'en sommes plus au moyen-âge. Il faut être à la hauteur de l'époque moderne, avoir des vues
plus larges.
Ne pas penser que Dieu est toujours là avec une feuille et un crayon, à noter mes omissions, mes satisfactions,
mes transactions. Aujourd'hui, j'ai préféré traiter une affaire plutôt que d'aller à la messe dominicale, ou même
prendre ces dix minutes de dialogue avec Dieu qui forment la prière du matin ou du soir.
Si je ne profite pas de cette matinée, je ne trouverai plus tel client ou tel professionnel ; si je perds ces
dix minutes, je perds toute possibilité d'arriver à temps. On verra demain..."
Dix minutes ! Vous êtes restés une demi-heure à vous prélasser au lit, une autre à discuter avec votre femme et
les domestiques, presque une heure à vous pomponner comme des efféminés. Alors vous ne trouvez pas dix minutes pour
votre Dieu. Vous avez six jours pour traiter de vos affaires et vous traînez sans rien conclure. Et ce n'est que le
dimanche matin que vous trouvez que cela doit se faire de toute urgence. Or quel professionnel, quel client est
libre uniquement le dimanche ? Pourquoi ? Si personne n'était disponible à cause de ses mauvaises habitudes, il
devrait se décider à se consacrer à ses affaires pendant les six autres jours.
Vous êtes amoraux l'un comme l'autre, et vous ne vous souciez pas de Dieu. Voilà tout.
Ou encore : qu'y a-t-il de répréhensible dans ma petite calomnie ? Ce n'est d'ailleurs pas une calomnie, juste
une médisance. Ou même : c'est une bonne blague dite dans le dos de Tïzio et de Caio pour rire, pour laisser croire
que l'on est bien informé, pour se mettre dans les bonnes grâces des supérieurs ou des puissants Mais, au fond,
vous estimez cette personne. On sait bien... Il faut flatter les supérieurs pour leur soutirer leur protection et
de bonnes places, On sait bien... C'est un monde de compétition et tant mieux si je peux prendre ta place, moi qui
ai une famille pleine d’exigences. D'ailleurs toi, cher collègue, tu peux vivre plus modestement !
Vous commettez ainsi un vol de réputation et de place. Vous êtes des voleurs, ô hypocrites, pour satisfaire
aux exigences, aux caprices de l'épicurisme familial, de la vanité sociale ou féminine.
Ou encore : qu'est-ce qu'il y a de mal à faire un peu la cour a cette femme et, de son côté, à se laisser faire?
C'est enlever un peu de monotonie à la vie. Ensuite, nous redevenons de simples amis comme auparavant. Ce sont des
choses sans conséquence. Il ne faut pas être puritain !
Vous êtes adultères, ô hypocrites ! Vous l'êtes parfois même sous les yeux de vos enfants : vous croyez
qu'ils ne vous voient pas, mais ils voient tout, vous les scandalisez et vous les obligez à vous juger.
Qu'y a-t-il de répréhensible à s'émanciper de ses parents, de son mari, à être indépendant, à mener notre vie
comme cela nous plaît ? Quelle importance si l'on fait du mariage un moyen d avoir, en son épouse, une infirmière
et une servante ou, en son mari quelqu’un qui se fatigue pour nos besoins et nos caprices, et non une mission de
procréation et d'éducation ? Il vaut mieux ne pas avoir d’enfants, ou alors en petit nombre. Ils donnent du souci,
ils coûtent cher, ils sont source de rancœurs entre les parents A ou B, ou avec les enfants qui les précèdent. Pas
d'autres enfants que les un ou deux qui, on ne sait trop comment, ont vraiment voulu naître. Et maintenant qu'ils
sont nés, n'allons pas nous fatiguer pour eux : nourrices, gardes d'enfants, institutrices, collège. C'est bien ce
que vous dites.
Vous êtes des assassins, ô hypocrites. Vous supprimez des vies ou des âmes.
Car, sachez-le bien, un collège a beau être bon ou une institutrice parfaite, ce ne seront jamais la mère, le
père, la famille. Ces enfants, qui ont été ceux de tous hormis les vôtres, comment peuvent-ils vous aimer de ce
grand amour qui continue à rester uni au plus profond de vous-mêmes comme s ils avaient leurs racines en vous ?
Comment ces enfants peuvent-ils vous comprendre si vous êtes des étrangers pour eux, et réciproquement ? Quelle
société peut émaner de peuples dans lesquels la première forme de société, la famille, est aussi aride, morte,
démembrée ? Une anarchie dans laquelle chacun ne pense qu’à soi, si encore il ne pense pas à nuire aux autres ?
Quant à cet argent que vous économisez en refusant à un enfant de naître, que croyez-vous avoir dans votre
portefeuille ? Un ver qui en détruit la substance, car ce que vous ne déboursez pas pour un enfant, vous le
dépensez trois fois plus en divertissements et luxes inutiles et nocifs. D’ailleurs, pourquoi vous mariez-vous si
vous ne voulez pas avoir d’enfant ? A quoi réduisez-vous la chambre nuptiale ? Par respect pour mon « porte-parole
», je tairai la réponse. Dites-la-vous, hommes indignes. »
26 février. Les cahiers de 1944. Maria Valtorta
Pages extraites du livre "Les cahiers de
1944" de Maria Valtorta, avec la permission de l'éditeur Centro Editoriale Valtortiano srl, Isola del Liri
(FR), www.mariavaltorta.com, à qui appartient les droits sur les œuvres de Maria
Valtorta.

Màj: 13.06.2011
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